Oh non, certainement pas.
Sauf qu'il se révélait assez difficile, quand on se faisait embrasser d'une manière aussi minutieuse et experte que celle de Jack Townsend, de ne pas l'embrasser en retour. Enfin, en théorie.
Ce qui ne signifiait par pour autant qu'elle appréciait se faire embrasser par Jack Townsend.
Mis en pratique, ceci dit... Eh bien, en pratique, c'était un tout autre problème.
Car Jack Townsend n'embrassait pas pour du beurre. Ce n'était pas un bisou poli, ni un faux baiser à la sauce Beverly Hills. C'était un baiser profond, une exploration orale, à pleine bouche - la lutte des langues, comme l'avaient baptisé ses frères, chaque fois qu'ils la surprenaient en pleine action avec Barry.
Mais embrasser Barry n'avait jamais été ainsi. Barry n'avait jamais, contrairement à Jack, mené une exploration aussi lascive du territoire intérieur comme extérieur de sa bouche. Barry ne lui avait jamais fait ressentir, contrairement à ce que Jack accomplissait, que l'embrasser était l'unique activité sur son agenda ce jour là, et qu'il avait tout son temps pour ça. Barry n'avait jamais réussi, avec un simple baiser, à lui donner l'impression que son coeur était prêt à exploser dans sa poitrine par pur plaisir physique.
Mais c'était exactement les sensations que lui procurait le baiser de Jack Townsend. Elle pouvait le sentir, lui et sa chaleur, son poids, son intensité, de ses lèvres jusqu'au bout de ses orteils - qui n'étaient, remarqua t-elle dans un recoin sombre de son cerveau, pas si gelés que ça au final, tenant compte de la manière dont ils se courbaient dans ses bottes, dès le premier contact électrique de sa bouche sur la sienne.
C'était ridicule, évidemment, que son corps réagisse de cette manière au sien. Elle n'était ni une groupie adolescente, ni une vieille bonne en manque. Elle était une professionelle raffinée, une femme dont la carrière météorique - sans parler de sa vie amoureuse, jusque récemment du moins - était un modèle pour de nombreuses jeunes rouquines un peu partout...
Et un unique baiser du chéri de l'Amérique, Jack Townsend, suffisait à la transformer en tas de gelée féminine sans défense. [...] Et ceci, était capable de penser Lou dans la partie de son esprit qui n'avait pas été réduite en un masse de pure gélatine de neurones par l'intensité du baiser, était complétement impossible.
Elle haïssait cet homme.
Donc comment était-il possible qu'en posant simplement sa bouche contre la sienne, il puisse lui faire ressentir de pareilles choses... comme si, pour la première fois depuis des mois, elle était vraiment vivante ? Pourquoi le poids de son corps sur elle lui donnait-il envie d'étendre ses jambes - Dieu lui vienne en aide - et de les enrouler autour de lui ? Pourquoi sa barbe de plusieurs jours, frottant contre sa peau douce - et sûrement cramoisie alors - l'écorchant, lui donnait-elle envie de glisser sa langue tout le long de son corps long et mince ?
Ca n'avait aucun sens.
Une seconde elle était prête à l'achever d'une balle entre les deux yeux, celle d'après elle ronronnait comme un chaton dans ses bras.
Ce n'était pas la magie d'Hollywood. Oh non. Aucuns effets spéciaux n'étaient impliqués dans l'affaire. C'était une honnête et bonne vieille alchimie.
Alchimie ! Entre elle et Jack Townsend ? Impossible ! Sauf que ça ne l'était pas. Elle savait que ça ne l'était pas à cause de ce qui se passait - et elle se sentait désolée à l'idée de l'admettre -, entre ses jambes.
Ce qui était déjà beaucoup, en fait. Assez pour que Lou prenne soudainement conscience de ce détail - et de la personne qui causait tout ça : Jack Townsend. Jack Townsend, qui avait brisé le coeur de sa meilleure amie. Jack Townsend, un acteur. Et elle s'était promis de ne plus jamais sortir avec un acteur."
Chapter 16 p.180-181.
Meg Cabot -`
C'est trop beau pour être faux, j'ai envie de dire x)
Eh oui, quand on s'emmerde en cours, on achète des livres en anglais
et on s'éclate comme une grande malade à traduire des passages chelous.
Eh vouais vouais vouais.
Et pis surtout quand t'as rien à dire sur ton blog, ça rend bien.
(Comment ça, non ?)



